
Le Président de la République a réuni les partenaires sociaux le 15 février dernier, pour fixer avec eux le calendrier social de l’année 2010. L’enjeu majeur pour cette année demeure sans doute la réforme des retraites qui fera l’objet de négociations préalables avec les partenaires sociaux à partir du mois d’avril, jusqu’à l’été prochain, afin qu’un projet de loi soit débattu au Parlement à l’Automne.
L’urgence d’une réforme de notre système de retraite n’est plus à débattre. En effet, notre pays fait face à un défi démographique sous l’effet d’un double vieillissement. Le premier se faisant par le haut avec l’allongement de la durée de l’espérance de vie ; le Président ayant d’ailleurs rappelé lors de ses vœux aux partenaires sociaux que l’on gagnait environ un trimestre d’espérance de vie par an, ce dont on ne peut que se féliciter. Le vieillissement par le bas quant à lui est dû à la relative faiblesse du taux de fécondité (1,96 en 2007). Ce défi démographique a pour effet de déséquilibrer le rapport actif/retraité qui était de 3 pour 1 en 1975 et qui est d’environ de 1,5 pour 1 aujourd’hui.
Le gouvernement a donc bien pris la mesure de l’ampleur de la question, et s’inscrit ainsi dans la lignée des gouvernements Balladur en 1993, puis Raffarin en 2003 qui ont eu le courage de réformer notre système afin d’assurer sa viabilité, alors même que la gauche, lorsqu’elle était au pouvoir n’a rien fait d’autre que de commander des rapports, ou d’aller à contre-courant de nos partenaires européens en abaissant l’âge légal de durée de la retraite de 65 à 60 ans en 1982. L’annonce de la réforme à venir et notamment la perspective de repousser l’âge légal de départ à la retraite a d’ailleurs mis mal à l’aise le Parti Socialiste, qui par la voix de Martine Aubry semblait être enclin, pour une fois, à accepter le pragmatisme en se disant favorable à un recul de l’âge légal de départ à la retraite à 61 ans. Cependant, après une réunion nationale du bureau du PS, le parti a finalement décidé de rester sur une ligne profondément conservatrice et idéologique en refusant tout changement dans notre système de retraites, qui va droit à sa perte financière si rien n’est fait. En effet, la caisse des salariés du privé devrait afficher plus de 10 milliards euros de déficit cette année.
Cette réforme est d’autant plus souhaitable qu’elle sera équitable, puisque le chef de l’Etat s’est engagé à conserver notre système par répartition qui fait partie de notre identité nationale. De plus, il a affirmé que la réforme n’augmentera pas le niveau des cotisations, tout en ne diminuant pas le niveau de pension des 14,5 millions de retraités en cette période de crise. Pour l’instant la réforme est toujours en discussion, mais plusieurs pistes sont à l’étude, les plus solides étant l’allongement de la durée de cotisation, et le recul de l’âge légal de départ à la retraite à l’instar de la quasi-totalité de nos partenaires européens, notamment l’Allemagne qui l’a fixé à 65 ans dès 1992.
L’ensemble du gouvernement montre une fois de plus, avec la préparation de cette réforme, que même en période de crise, la majorité reste fidèle à sa volonté de réformer en profondeur notre pays en relevant les grands défis du XXIème siècle.
K.B



